Pourquoi j’ai lancé mon entreprise? Mon histoire

Aujourd’hui, je sors de ma zone de confort avec un article très personnel sur les raisons qui m’ont poussée à lancer Rédaction MF. Ce n’est pas une illumination divine qui m’a fait lâcher mon emploi au sein d’une grande entreprise, loin de là. Ce sont plutôt des circonstances familiales tragiques qui m’ont fait saisir tout le sens des mots «tu n’as qu’une seule vie à vivre». Ne vous inquiétez pas, l’histoire finit bien.

Je ne veux pas faire pitié, je veux seulement raconter mon histoire afin que les gens qui ont perdu tout espoir d’un jour être heureux sachent qu’ils peuvent retrouver le bonheur en écoutant leur cœur et en faisant confiance à la vie.

30 mai 2017. Une date gravée dans la mémoire de tous les gens de ma famille. Un véhicule de la Sûreté du Québec qui se stationne dans l’allée devant la maison et notre monde qui s’écroule. Mon demi-frère décédé d’un accident de travail.

Pendant les jours qui ont suivi, nous avons enclenché le mode pilote automatique. Notre seul objectif : essayer de survivre. J’ai eu l’impression que ces trois journées, ou peut-être quatre… je ne sais plus… n’ont duré que quelques minutes, ou peut-être plusieurs semaines. J’ai perdu toute notion du temps. Une fois mon demi-frère enterré, je suis rapidement retournée au travail. J’avais besoin de penser à autre chose. Pourtant, rien n’était plus pareil. Les blagues de mes collègues ne me faisaient plus rire.

Dès mon retour au travail, mon directeur régional de l’information, un homme que je ne pourrai jamais suffisamment remercier, m’a référé au programme d’aide aux employés. Je l’admets sans aucune honte : j’ai consulté. Bien que je n’y ai pas été souvent et que j’avais l’impression de ne rien avoir à lui dire, le travailleur social que j’ai rencontré a enclenché tout un processus de questionnement qui a changé ma vie.

Je me suis mise à me questionner à propos des choses qui me rendaient malheureuse. Parmi celles-ci : la routine «café-boulot-dodo» dans une salle de nouvelles, auprès de journalistes qui vivent pour le scoop. Moi, je n’en voulais plus, des scoops. Tout ce que je voulais, c’était de retourner auprès de ma famille, dans mon petit patelin natal. Je voulais retourner chez moi, j’avais besoin de retourner chez moi.

J’ai tenté un transfert comme journaliste, chose qui m’a été refusée. Il n’y avait pas de place pour moi à ce moment. J’ai passé une entrevue comme chargée de projet dans une agence quelconque. Ils ont hésité entre moi et une autre candidate, mais ont choisi l’autre. Pas question, toutefois, que j’abandonne. Je devais retourner chez moi. J’ai demandé à ma patronne si elle acceptait de me garder comme pigiste, ce qui me permettrait de prendre soin de ma famille et de travailler aux heures qui me conviennent, tout en réfléchissant à mon avenir. Elle a accepté et j’ai quitté mon 8 h à 16 h. Par une référence, j’ai ensuite eu la chance d’entrer dans l’équipe du MAG2000 comme rédactrice. Enfin un client dans ma région en tant que travailleuse autonome! Une équipe formidable et un peu de lumière au bout du tunnel.

C’est ainsi que j’ai commencé à faire de la pige comme journaliste et à bâtir Rédaction MF, l’entreprise qui me permet maintenant de grandir en tant que femme et en tant qu’entrepreneure depuis deux ans. L’entreprise qui me permet de faire ce que je sais faire le mieux : utiliser les mots pour venir en aide aux gens et aux entreprises. Depuis, ma clientèle n’a cessé de croitre, j’ai commencé à me faire connaitre en région et même ailleurs, ce qui me permet d’en vivre à 100%.

Au fil des mandats de rédaction que je recevais et des objectifs que je me fixais, j’ai retrouvé la personne que j’étais avant le 30 mai 2017. J’ai aussi développé une grande passion pour l’entrepreneuriat et j’ai décidé que c’est précisément auprès des PME de ma région que je souhaitais faire ma marque comme rédactrice-réviseure. Je souhaitais m’imposer comme une référence pour tous les besoins rédactionnels en entreprise. Je chemine lentement vers cet objectif, aux côtés de l’homme que j’ai rencontré après le 30 mai 2017 et qui a rallumé la dernière petite étincelle qui manquait à mon bonheur.

La vie est bien faite.

Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part.

Antoine de Saint-Exupéry

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