Aujourd’hui, 8 septembre, c’est la Journée internationale de l’alphabétisation. En tant que professionnelles de la langue, on trouvait primordial de la souligner et de mettre en lumière une réalité insoupçonnée au Québec, soit l’existence de l’analphabétisme.
L’analphabétisme fonctionnel
Savez-vous ce qu’est le niveau de littératie? Il s’agit de la capacité d’un individu à lire un texte et à en assimiler suffisamment le contenu pour être fonctionnel en société. Ce niveau est évalué selon une échelle de 0 à 5, dont les niveaux 3, 4 et 5 sont considérés comme bons. Et c’est 46,8 % de la population québécoise qui s’y trouve.
Voici, en résumé, les aptitudes et les lacunes associées à chaque niveau :
- Connaître le vocabulaire de base.
- Comprendre des textes courts présentant une seule information.
- Faire le lien entre le texte et les informations dans un texte en contenant deux ou plus.
- Lire des textes denses ou longs nécessitant d’interpréter et de donner du sens aux renseignements qu’ils comportent.
- Évaluer des textes longs et complexes exigeant des connaissances préalables.
- Savoir intégrer, évaluer et synthétiser plusieurs textes et leurs subtilités.
Ce niveau requiert des connaissances préalables spécialisées et une compréhension de la logique et des concepts.
Source : Fondation Lire pour réussir
Vous comprendrez que si 46,8 % de la population québécoise est composée de lecteurs moyens à excellents, la majorité éprouve toutefois des difficultés de lecture ou d’écriture.
En réalité, 4,1 % des adultes n’atteignent pas le niveau 1 alors que 14,9 % se situent au niveau 1 pour un total de 19,0 %. Pour ce qui est du niveau 2, 34,3 % des Québécois s’y retrouvent. Cela veut donc dire que le tiers de la population québécoise est, comme on le dit, « analphabète fonctionnel », c’est-à-dire qu’il comprend les écrits non complexes ou présentés dans des situations facilitantes. En outre, le quart de la population éprouve de très grandes difficultés en matière de lecture et d’utilisation de l’écrit.
Selon les données fournies par la Fondation pour l’alphabétisation, « moins d’une personne sur deux (46,8 %) au Québec est susceptible de démontrer la maîtrise de compétences en littératie la rendant capable de lire en vue d’apprendre, de comprendre, d’agir ou d’intervenir en toute autonomie ».
Impact sur les communications
Pour les professionnels des communications et de la langue comme nous, ces chiffres parlent énormément d’eux-mêmes; ils démontrent que, pour être bien compris par la majorité, nos écrits doivent être le plus simple possible. Cela est particulièrement vrai pour le contenu en ligne comme les publications sur les réseaux sociaux, où beaucoup d’internautes n’ont pas les capacités requises pour saisir le sens d’un texte compliqué. Si on veut que notre message passe, il faut utiliser un vocabulaire accessible, rédiger des phrases courtes qui vont droit au but et éviter les termes peu communs. Comme le dit le dicton, less is more!